Lorsque l'on est en couple, on se demande bien souvent où on en est, ce que l'on souhaite vraiment. Le couple, en effet, passe par des crises nécessaires. Nous allons faire le tour des étapes de vie du couple afin d'y voir plus clair sur ce que l'on peut vivre au quotidien dans son couple...
Les phases de vie du couple
La première phase de couple est une phase
d’idéalisation nécessaire, elle soutient la séparation d’avec
les parents de l’enfance et donne une première enveloppe au
couple. L’archaïque du couple est un état d’indifférenciation,
de confusion des identités. Un état hors du temps avec un sentiment
de complétude et d’omnipotence. Pendant la période
d’idéalisation, les différences sont niées ou minimisées. Cette
phase est aussi appelée lune de miel car on y trouve le plus
d’aspirations fusionnelles. Lorsque l’idéalisation de l’autre
est maximale, ce comblement narcissique provoque une réaction
d’euphorie. Puisque l’autre est devenu l’Idéal du Moi de la
personne, la diminution des limites du Moi ne provoque pas d’angoisse
et le sujet peut sans risque déléguer à l’autre une partie de
son narcissisme. L’autre est le support d’un bon objet
intériorisé, et nettement différencié, tandis que parallèlement,
une frontière commune aux partenaires les sépare de l’extérieur.
Il s’agit d’une phase importante pour la structuration de la
dyade (J-G. Lemaire, 1979, op. cit.).
Selon S. Freud, trouver l’objet, c’est le retrouver ; de la même façon, M. Dupré La Tour (1995) dira que ce qui constitue le couple s’origine dans l’indifférenciation primitive de chacun des conjoints. Chacun des conjoints cherche à retrouver l’objet perdu, le sentiment de toute-puissance narcissique, l’indifférenciation des premiers temps qui ramène au narcissisme primaire.
Par la suite, le processus de différenciation psychique à l’intérieur du couple se met en route. Deux conditions sont nécessaires : le couple en tant qu’enveloppe doit être suffisamment contenant et étayant ; le couple doit lui-même être étayé par un environnement qui à la fois le contient et lui laisse prendre son autonomie. Le processus de séparation-différenciation reprend à l’intérieur du couple celui que chacun des conjoints a dû effectuer dans la dyade première pour acquérir son autonomie. D. Winnicott (1969) développe la notion de l'objet transitionnel. C’est un phénomène essentiel pour l'activité illusion-désillusion, permettant une acceptation progressive de la réalité externe, une séparation entre "self "et "non self", et le développement de la créativité. Se dégager de cette indistinction nécessite de faire un deuil, accepter de n’être pas le tout et reconnaître que l’autre existe en dehors de soi. Il s’agit là d’une castration primaire qui inscrit le sujet dans la haine de soi et la haine des objets. Selon J-G. Lemaire (op cité), la conjugalité est fondée sur les aspects archaïques et sur les contenus psychotiques qui sont présents dans la relation amoureuse de chaque partenaire.
Concernant les crises, elles sont considérées comme normales selon Dupré La Tour (2005). Elles sont la cause: d’une part de la mobilité et de la labilité des investissements; d’autre part elle marque un temps de différenciation d’avec l’objet. Ainsi le conjoint sera vu de façon clivée comme mauvais. L’étape de sortie de la crise sera de faire le deuil de l’illusion d’amour. C’est aussi accepter en partie son incomplétude et l’altérité de l’objet.
Publié le 28/10/2009 Par Cindy


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Mercredi 28 Octobre 2009

