Pourquoi se met-on en couple?

Jeudi 10 Décembre 2009


Pourquoi se met-on en couple? Est-ce du fait des pressions sociales, d'un instinct biologique? Comment peut-on comprendre le besoin psychologique à se mettre en couple?

Pourquoi se met on en couple?

Trouver un partenaire contribue à construire la personne avec laquelle il vit en lui donnant le sentiment continu d’exister, et le sentiment de stabilité qui fonde l’identité. Ce sentiment s’enracine notamment dans la conversation permanente qui valide la vision du monde des partenaires. L’univers devient crédible et le soi a d’avantage l’impression d’exister. De plus, le regard d’amour métamorphose l’Homme en lui restituant un sentiment d’appartenance aux personnes qui possèdent les qualités pour former un couple (sensibilité, gentillesse, tendresse, générosité).

A l’origine du couple il y a un besoin d’étayage des fonctions psychique sur un objet primordial ce qui permet d’éviter les angoisses archaïques. De par l’organisation psychique groupale du couple, on peut noter qu’il se crée une défense couplée. Ainsi, il existe un emboîtement des identifications, des projections et des introjections partielles des deux partenaires. Se mettre en couple c’est aussi renoncer à son désir œdipien fantasmatique de se mettre en couple avec sa mère ou son père. Cela permet donc une rupture minimum de la filiation avec les parents ou en tout cas une distanciation.

En réalité les bénéfices psychiques d’être en couple sont nombreux. R Losso (2000) en détermine dix huit : Ne pas rester seul, résoudre la situation œdipienne, prendre fantasmatiquement la place des parents, confirmer sa propre identité, être gratifié affectivement, avoir du plaisir sexuel stable, alléger sa culpabilité œdipienne, pouvoir exprimer son agressivité dans un espace relationnel sécurisé, prendre de l’indépendance par rapport à la famille d’origine, se permettre une dépendance ce qui autorise de petites régressions, créer des alliances contre la famille d’origine et contre le monde extérieur, assouvir le besoin de posséder l’autre, assumer ses fantasmes d’immortalité à travers la descendance, se créer une culture familiale propre et la transmettre, réparer ses blessures familiales en imaginant faire mieux que ses parents, avoir des projets communs, retrouver l’intimité de la dyade mère-enfant, retrouver l’illusion infantile de la fusion et de la complétude.

Cependant, nous nous attarderons sur les bénéfices psychiques défensifs pour la psyché individuelle. En effet le choix du partenaire semble être guidé par un processus défensif. J-G. Lemaire (1979) dira que le choix des conjoints se forme sur les failles narcissiques communes : en effet « tout se passe comme si l’inconscient de chaque individu percevait dans l’inconscient de l’autre une série de conflits intérieurs. Si ces conflits sont pour une part analogues aux siens propres et qu’il ressent chez l’autre une manière différente de réagir, l’individu se trouve alors puissamment attiré vers cette autre. »1 Nous approfondirons cette thématique dans la partie psyché du couple. A présent, abordons la manière dont se déroulent les étapes de la vie du couple.

1 Lemaire, J. G. (1086) Le couple : sa vie, sa mort, Paris, Payot.



Publié le 10/12/2009 Par Cindy
 

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