Lorsque l’on essaie de percevoir de quelle manière le psychologue peut s’investir dans la relation afin d’être dans le soin, une multiplicité d’éléments sont mis en lumière. La pratique clinique et les théories développées par Freud, Ferenczi, Chiland et Rogers mettent en lumière la gymnastique que le psychologue doit sans cesse faire dans son positionnement intérieur. Ma pratique m’a montré à quel point la proximité ou l’éloignement du psychologue pouvaient avoir des effets contre-thérapeutiques pour les accompagnés...
Lorsque l’on essaie de percevoir de quelle manière le psychologue peut s’investir dans la relation afin d’être dans le soin, une multiplicité d’éléments sont mis en lumière. La pratique clinique et les théories développées par Freud, Ferenczi, Chiland et Rogers mettent en lumière la gymnastique que le psychologue doit sans cesse faire dans son positionnement intérieur. Ma pratique m’a montré à quel point la proximité ou l’éloignement du psychologue pouvaient avoir des effets contre-thérapeutiques pour les accompagnés. Sous un autre angle, il me semble que le positionnement du psychologue varie et s’adapte à la situation, au cadre institutionnel, à la pathologie et à la personnalité de « l’accompagné ». Mon avis est que le psychologue peut se sentir à l’aise avec sa fonction malgré des changements de salles, de situations ou de prises en charge. Cependant pour conserver intacte sa fonction le psychologue doit se sentir à l’aise dans son positionnement. La mission du psychologue doit rester humble. Selon moi l’objectif est de mener l’individu vers un mieux-être. De plus il me semble qu’afin d’être dans le soin, le psychologue doit toujours se questionner afin de se situer intérieurement au plus juste de la sensibilité de l’accompagné.
Concernant la question de l'investissement personnel du psychologue, je me situe à mi-chemin entre Ferenczi et Chiland. Il est important d’apporter aux individus de la sympathie, de l’empathie, et de la bienveillance. Cependant être dans une trop grande identification ne permet plus d’aider l’autre. Le psychologue aura alors à réguler sans cesse son relation afin d’aider « l’accompagné » au mieux.
La médiation
Selon R. Kaës, ce qui fait le travail de la médiation, c’est d’abord l’accompagnement par l’écoute et la parole du soignant. R. Kaës propose six constantes qui donnent les bases de cet outil. La médiation interpose et rétablit un lien entre la force et le sens, ceci créant des liens entre des sentiments violents et l'expression de ceux-ci.
Cet outil a tendance à recréer de l’espace entre les individus. Ceci permettant de contourner les comportements agressifs ou le manque de capacité à exprimer ses émotions. La médiation crée un espace tiers et une temporalité qui exprime une succession avant/après, absence/présence qui peut permettre de revivre la frustration des conflits anciens (absence/présence de la mère…). Cette oscillation va aux extrêmes de la créativité et de la destructivité. Le sujet peut explorer l’espace interne et externe puis l’espace singulier et commun/partagé sans s’y perdre. La médiation assure la capacité d’investir dans l’objet sans s’y dissoudre ou le détruire. Ceci va permettre au jeune de pouvoir s’investir dans des domaines tel que le relationnel ou le domaine scolaire. Cet outil restaure d’une certaine manière la capacité de rêver, en proposant des équivalents, des embrayeurs, telle une prothèse quand la capacité de rêver et de jouer fait défaut. Ceci permettra au jeune de réinvestir le plaisir à penser et à créer.
Durant le temps de la médiation, il y a tout d’abord un espace destiné à faire éprouver l’illusion fondatrice d’une continuité, d’un contentement et d’une cohésion groupale. Puis un temps de désillusion qui établit les limites dedans/dehors, moi/non-moi, mien/non-mien, moments de jeux où l’enfant va pouvoir développer ses capacités de créativité.
Des psychologues tels que G. Pankow ont travaillé avec des objets médiateurs. En utilisant le modelage, des problématiques liées au corps étaient élaborées. Le travail de la pâte pouvait avoir un rôle de tiers dans une situation duelle. L’idée de G. Pankow était de construire dans un premier temps un contenant, qui s’apparente à une confiance en soi de base. C’est d’abord construire un espace habitable, pour ensuite arriver à le penser.
Cindy V.


Connexion


Mercredi 16 Septembre 2009

