Visite d'un club thérapeutique - Psychose à corps et à cris - Asymétrie assumée : patient-soignant
Si l’on revient sur la genèse du Club, cela nous conduit à Tosquelles F., dont l’expérience de la psychiatrie en Espagne l’a mené à transformer la vie quotidienne à l’hôpital.
Dès 1942, il « transforma la salle commune en Club thérapeutique », avec l’idée de la nécessité de « soigner l’hôpital ».
Il a mis en relief notamment des problématiques concernant la relation soignant-soigné. L'élan de ce mouvement a créé la psychothérapie institutionnelle, du fait du développement théorique d’Oury J. Son idée étant de profiter au maximum des structures existantes afin d'essayer d'exploiter tout ce qui peut servir à soigner les malades. Cela partait donc de l’idée que l’institution est intégrée à l'arsenal thérapeutique, l'hôpital cesse ainsi d'être le lieu où l'on est soigné et enfermé, pour devenir le lieu par lequel on est seulement soigné. Une notion est aussi importante pour comprendre le fonctionnement de ce lieu : le « transfert dissocié », considéré comme un élément structurant essentiel des psychothérapies des personnes psychotiques pour favoriser leur existence. Avec ces assises théoriques et ces principes, le Club est créé, générant un nouvel espace.
Pour respecter le principe analytique de l'alternance, le Club n'est ouvert que deux jours par semaine et deux équipes s'y relaient. Le média utilisé est la majorité du temps la parole avec des activités médiatrices l’après-midi. Les activités sont essentiellement des jeux de société (Scrabble, Rummikub, cartes) mais la parole est au cœur de ces médiations.
Personne ne vient par obligation mais par choix personnel, les personnes restent le temps qu’ils veulent, autour d’un café. Dans ce cadre ils se mettent à parler d’eux et à partager des événements de leurs vies. Certains membres fréquentent le Club depuis longtemps. Les activités sont occasionnelles et se décident collectivement : jeux, ateliers, sorties.
Psychose à corps et à cris
Les personnes fréquentant le lieu sont généralement d'anciens patients de l’hôpital suivis dans le CMP de leur quartier, certains sont sans domicile fixe. D'autres membres sont introduits par ces mêmes patients en tant que voisins ou comme amis rencontrés dans d'autres clubs de Paris. Le nombre des membres varie : moins nombreux le matin, environ une dizaine, ce chiffre peut aisément doubler l'après-midi.
L’ambiance générale au Club est plutôt chargée, d’abord du fait du nombre de personnes présentes. D’autre part les délires monopolisent souvent l’espace ce qui crée souvent des moments de cacophonie où on a l’impression de ne plus s’entendre. Dans le club, les individus habitent à l’extérieur et viennent décharger des éléments de leurs angoisses intérieures. Ainsi ce lieu est le réceptacle d’angoisses et de projections.
Ce lieu met les soignants dans une position complexe voir paradoxale. Être dans une grande proximité avec les patients (repas, restaurant, jeu) tout en étant à distance, avec une place de soignant marqué.
Asymétrie assumée : patient-soignant
Les soignants habitués de ce cadre, jouent avec l'espace en changeant régulièrement de place, en parlant en grand groupe ou à deux, devant le groupe ou dans une salle à coté. La relation soignants-soignés étant proche physiquement mais très à distance dans le cadre psychique des soignants.
Pour ma part, dès les premiers jours de stages, s’est posée la question de l’emploi du vouvoiement et du tutoiement. Au départ je tutoyais les patients. Cependant j’ai rapidement compris que dans ce lieu les places étaient clairement définies et qu'il était d'usage de s'interroger sur notre positionnement. Ainsi je me suis mise à vouvoyer les patients pour équilibrer tous les éléments qui allaient dans le sens d'une proximité. (Petit local, chaises proches, activités ensembles...)
Au départ c’était très déstabilisant de vouvoyer les patients mais finalement cela me semblait beaucoup plus protecteur. Tant pour le psychologue que pour le patient, cela permet de se sentir moins intruser et de conserver un lien sans danger d'être fondue dans l'autre. Ainsi j’ai maintenu le vouvoiement ce qui me semblait plus logique vis-à-vis de la démarche du soin.
Auparavant, je pensais que le tutoiement permettait de créer un transfert positif rapide. Cela permettait aussi de mettre l’individu en situation plutôt symétrique créant une proximité entre soi et l’autre. Cependant la problématique de la psychose est au cœur de cette thématique de l’indifférenciation et de la confusion de sa propre identité.
Ainsi dans ce contexte, un tutoiement aurait pu créer des angoisses d’intrusion ou de confusion entre soi et l’autre. Il m’est arrivé que des patients se mettent trop à proximité de moi, en me touchant, en s'asseillant trop près de moi ou en parlant de choses trop intimes. Les fois où cela est arrivé, les patients ne sont pas revenus pendant quelques semaines. C'est comme s'ils avaient eu besoin de se protéger de cette intrusion, de cette proximité qu'eux-même recherchent et testent en permanence. Mais à contre-courant, d’autres patients ont parfois été dans un transfert négatif quand j’ai mis des barrières trop rapidement. Tout semble question de dosage, de positionnement, de contexte et de la problématique des patients.
Cindy V.


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Samedi 16 Janvier 2010


Posté le Vendredi 12 Mars 2010 à 18:05:54
je suis une étudiante en architecture et j beaucoup besoin des plans d'un club thérapeutique....S.V.P aidez moi.
merci