Le positionnement d’un psychologue en groupe d’entraide mutuelle

Dimanche 10 Janvier 2010


Le groupe d’entraide mutuelle ou GEM existe légalement depuis le 12 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances et la citoyenneté des personnes handicapées, cependant quel est le positionnement d’un psychologue dans ce groupe ?

A la différence de l’ensemble des établissements et services sociaux et médico-sociaux, le GEM n’est pas une structure qui se définit par des prestations mises en œuvre par des professionnels, encore moins effectuant des « prises en charge ». Il ne s’agit pas d’un atelier d’ergothérapie ni d’art-thérapie, ni d’expression psychopathologique considéré comme « lieu où l’homme est réduit à pondre un art qui sera décortiqué pour/par la science » , mais plutôt un espace où toutes tentatives, réalisations se joueront, se vivront en possibilité de devenir : une envie, de se défouler, de se libérer, de sublimer.

Le GEM est un lieu un peu décalé au vu de l’ensemble de la communauté institutionnelle de soin. Il a été créé et géré par des adultes ayant vécu une expérience en psychiatrie ; c’est aussi ces mêmes personnes qui le fréquentent. Ainsi les individus présents ont vécu des crises de souffrances psychiques les ayant mené à une hospitalisation plus ou moins longue. Cependant au GEM il n’y a pas de patients ou de soignés mais des usagers, il n’y a pas de soignants au sens propre du terme mais des animateurs, des bénévoles et des stagiaires. Ainsi les individus ne sont plus considérés comme des patients mais comme des sujets à part entière.

La problématique rencontrée n’est plus de l’ordre de la psychose à proprement dite mais plutôt dans l’après, le « recovery » de l’ordre d’une reconstruction identitaire, d’un mouvement d’ancrage comme humain, individu et citoyen de la cité. Les personnes que l’on peut voir sont des gens qui se servent des arts (peinture, sculpture, musique, théâtre, danse…) afin d’approcher un mieux être général. Ainsi dans le rapport à l’autre on peut parler d’une rencontre de personne à personne, dans lequel un rapport de pouvoir savoir est minimisé voire renversé. En effet, on perçoit une reconnaissance du patient psychiatrique non seulement comme sujet de droit mais aussi comme porteur d’un savoir qui peut contribuer au développement des pratiques psychiatriques et médico-sociales.

La problématique dans ce lieu est qu’afin d’avoir un effet « thérapeutique » il faut lâcher ce but et ces théories afin d’entrer au plus vrai de son rapport à l’humain, il faut considérer l’autre comme un autre à part entière et ainsi lâcher en grande partie son rôle de soignant asymétrique pour permettre à l’autre de recouvrer sa place et son individualité. La difficulté est donc de lâcher son coté thérapeutique pour justement avoir des effets thérapeutiques.

Cindy V.



 

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