Fiche repertoriant les notions clés de Winicott
Winicott, les notions a retenir
Les présupposés de base
Le concept de soi
Le terme soi n’a selon Winnicott, aucune pertinence. Il utilisait le terme « moi » pour désigner le début de la personne. Le mot soi devient pertinent selon lui lorsque l’enfant à commencer à se servir de « l’entendement » pour observer ce que les autres voient, éprouvent ou entendent.
La réalité interne
Cette réalité interne se développe selon Winnicott, à partir du fantasme de l’enfant, qui au début de la vie, consiste en une simple « élaboration imaginaire de parties, de sensations ou de fonctions somatiques »Au départ totalement dépourvu de conscience. Winnicott dira que pour tout individu qui a atteint le stade de l’unité ‘avec une membrane qui l’enclot et délimite un intérieur et un extérieur, il existe une réalité intérieure.
Il semble que le soi central ou le « noyau de la personnalité » » demeure isolé ;c’est grâce à la réalité interne que le soi acquiert quelque chose de semblable a la chair autour du cœur de la pomme et que la personne peut être reconnue comme un individu unique.
La dépendance
« La psychologie du moi, écrivait Winnicott, prend seulement un sens si elle est clairement basée sur le fait de la dépendance »
Winnicott part de l’idée qu’un bébé seul n’existe pas, qu’il fait essentiellement partie d’une relation. Pour W. le potentiel inné qui est au sein de la personne ne peut se réaliser sans un environnement adéquat.
W. parle de maternage suffisamment bon « pour parler de la fonction maternelle.
Winnicott considérait que la dépendance comportait trois étapes :
- Dépendance absolue : Ou l’enfant n’a pas les moyens de reconnaître les soins maternels. Il ne peut pas acquérir la maitrise de ce qui est bien et de ce qui est mal fait ; il est seulement a même d’en tirer profit ou de souffrir de perturbation.
- Dépendance relative : L’enfant est capable de se rendre compte du besoin qu’il a de soins maternes dans leurs détails. Il peut les relier à des impulsions personnelles.
- Vers l’indépendance : L’enfant acquiert en se développant, le moyen de se passer de soins. Il y parvient en emmagasinant des souvenirs de soins, les projections de ses besoins personnels et l’introjection des détails de soins. En même temps, sa confiance en l’environnement se développe.
Le fonctionnement psychique précoce
En étudiant le passage de la dépendance absolue à la dépendance relative, W. a relevé trois réalisations majeures pour l’enfant :
L’intégration, la personnalisation, et les débuts de la relation d’objet
Ces relations ne sont pas successives, elles sont interdépendantes et se chevauches, elles ne s’oint pas consolidées d’un seul coup mais sont atteintes temporairement et ensuite perdues, et atteintes à nouveau.
1) Intégration et non intégration
L’intégration du moi se base sur la continuité de la ligne de vie. Le moi est le « potentiel inné qui éprouve une continuité d’être » cependant, l’enfant ne peut se considéré comme développé si le moi n’est pas développé.
L’expérience de continuité à être débouche sur l’acquisition d’un état unifié et cela constitue le fondement de ce que nous reconnaissons et évaluons de l’extérieur comme intégrité personnelles chez un individu mature.
Les matériaux à partir desquels apparaît l’intégration sont décrits par des éléments moteurs et sensoriels, ces éléments qui constituent le narcissisme primaire, auxquels viendraient s’ajouter une tendance aboutissant au sentiment d’exister.
Le rassemblement des noyaux du moi peut seulement avoir lieu dans l’environnement procuré par une mère suffisamment bonne. A l’étape de la dépendance absolue, cela implique une adaptation maximale de la mère à l’enfant, une fonction résumée par W. par le terme soutient (holding)
Un soutien fiable signifie, outre la satisfaction des besoins physiques, que le moi immature de l’enfant soit renforcé par le support au moi que la mère est capable de donner, parce qu’elle « a l’enfant à l’esprit comme une personne entière ».
Cette aspect de la relation a été dénommé la relation au moi Pour l’opposer a la relation fondée sur les besoins du ca.
Dans la mesure où le support au moi procuré par la mère et fiable, l’enfant devient capable de le prendre pour acquis et d’être, pour certaines périodes, non intégré, et ce sans danger pour sa continuité personnelle. L’expérience du non intégration est le précurseur de la capacité de l’adulte à se détendre, d’être insouciant et de jouir de la solitude. W. a appelé cela ultérieurement, la « capacité à être seul ». C’est selon lui, l’un des signes importants de la maturité du développement affectif.
Lorsque W. parle de cette capacité à être seule pour l’enfant, il parle plutôt de sa capacité à expérimenter, découvrir sa vie personnelle tout en étant en présence de quelqu’un.
2) La personnalisation
La personnalisation est le terme utilisé par W. pour décrire la collusion psychosomatique ou « l’installation de la psyché dans le soma ».
A la bas et de cette installation se trouvent les expériences motrices, sensorielles et fonctionnelles étroitement liées au nouvel état de l’enfant ; être une personne.
Cette collusion est pour Winnicott quelque chose à atteindre. Elle implique une évolution à partir des « des stades initiaux ou la psyché immature, tout en étant basée sur le fonctionnement corporel, n’est pas en rapport étroit avec le corps et la vie du corps. »
La personnalisation ne signifie pas seulement que la psyché se trouve dans le corps, mais aussi que le contrôle cérébral s’accroit, que le corps entier devient le lieu de résidence du soi.
W. reliait explicitement le maniement (Handling) à la personnalisation.
« Le maniement, ce sont les soins de l’environnement qui correspondent à peu prés à l’établissement d’une association psychosomatique. Sans des oins corporels suffisamment bons, actifs et adaptés, la tache intérieur pourra s’avéré difficile. Il s’avérera peut être impossible que ce développement d’une interrelation psychosomatique s’établisse convenablement. »
En, cas d’échec la relation à la réalité est difficile pour l’individu parce que les expériences instinctuelles, qui sont un élément essentiel à la base de cette relation, ne peuvent être ressenties avec la pleine intensité d’un engagement total.
La relation d’objet primitive et l’expérience de toute puissance
Lorsque le stade de la dépendance absolue s’oriente vers la dépendance relative, le « moi » de l’enfant n’est pas séparé du « non moi ».Pour cette raison, dans ces relations primitives, l’enfant ne peut pas distinguer l’objet de lui –même. Nomme un tel objet, « objet subjectif » pour l’opposé à un « objet objectivement perçu ».
Grace a cette connaissance sur l’intégration, nous comprenons pourquoi W. soutenait que « « le moi instaure la relation d’objet ».
W. met l’accent dans son œuvre sur le fait que l’initiative de l’action provient du nourrisson et non de l’entourage, même si le contexte environnemental est vital. Si la mère ou le substitut maternel fait trop ou répond trop peu, cela peut provoquer un empiétement auquel l’enfant doit réagir, et la réaction peut menacer sa continuité d’être.
Lorsque ses besoins tels qu’ils sont ressentis, coïncident avec le comportement adapté d’une mère suffisamment bonne, une expérience du type « c’est exactement ce dont j’avais besoin » se transforme en raison de la répétition, en une expérience du type « j’ai créé ceci ». Le fantasme et la réalité sont ici une seule et même chose. Ce monde créer qui est constitué d’objets subjectifs, est ressenti par l’enfant comme étant sous son contrôle. Ainsi, la mère lui permet « une brève période au cours de laquelle l’omnipotence est un sujet d’expérience ».
Si au moment précis ou le bébé s’attend à quelque chose, la mère offre le sein et si elle lui permet de prendre son temps et d’explorer, le bébé « créée » exactement ce qui se présente. Finalement il a l’illusion que ce sein réel est exactement l’objet qui a été créé à partir du besoin, de l’envie et des premières pulsions d’un amour primitif.
A partir de la se développe la croyance que le monde peut contenir ce qui est désiré et nécessaire, avec pour conséquence que le bébé espère qu’il existe une relation vivante entre la réalité intérieure et la réalité extérieure, entre la créativité innée primaire et le vaste monde partagé par tous.
La présentation de l’objet (Object presenting) était la façon W. de décrire la par de l’apport maternel qui facilite les premières relations d’objet.
Empiétement et Trauma
W. utilise le trauma dans une nouvelle optique car il l’associe à l’empiétement.
Dans le contexte du support au moi, l’entourage agit sue le bébé d’une façon qui reconnaît la compétence du bébé parce qu’elle est prévisible et parce que la mère garde le bébé a l’esprit comme une personne. Il y a ici empiétement mais ceci est avantageux pour le bébé.
Cependant en manque de support au moi ou d’un manque de protection, l’environnement empiète sur le nourrisson d’une façon telle que celui-ci doit réagir.
(Bruit intense, tête non soutenue,..) La continuité d’être est interrompue, et lorsque le bébé ne peut pas se détendre et récupérer dans un environnement, le fil de continuité ne peut pas facilement se rétablir. Une accumulation d’empiétement traumatique au stade de la dépendance absolue peut mettre en danger la stabilité et la santé mentale de l’individu.
« Dans des conditions favorables, l’enfant établit un sentiment de continuité d’existence et commence ensuite a rendre possible, par ses élaborations, l’incorporation des empiétements de l’environnement aux champs de la toute puissance » W.
C’est dans ce contexte que W. a défini le traumatisme : » Le traumatisme est un empiétement de l’environnement et de la réaction de l’individu à l’environnement qui survient avant le développement chez l’individu de mécanismes qui rendent l’imprévisible prévisible ».
Dés lors, au début de la vie, le trauma « se rattache à la crainte de l’annihilation ». Ce concept d’annihilation est contenu dans la liste de ce que W. appelle les agonies primitives » ou les angoisses impensables ». :
- Se morceler
- Ne pas cesser de tomber
- Ne pas avoir de relation avec son corps
- Ne pas avoir d’orientation
- Etre isolé complètement parce qu’il n’y a aucun moyen de communication
Le rapport entre ces angoisses impensables et l’empiétement réel de l’environnement est complexe.
Selon W. on peut postuler cette séquence :
Un empiétement survient, si le support au moi fait défaut, ne se situe pas dans les limites de la compétence de l’enfant.
Il y a une réaction corporelle. Une agonie primitive « dont l’intensité dépasse la description » est ressentie pour une fraction de seconde, avant que les défenses du moi puissent s’organiser contre elle.
L’élaboration imaginaire (fantasme) de la réaction à l’empiétement se manifeste sous une forme mentionnée par W. « Selon le degré d’intégration qui survit au trauma »
Si de telles réactions brisent constamment ce continuum, elles instaurent une structure de fragmentation de l’existence du nourrisson.
Cependant W. parle ici de situations extrêmes. Il ne croyait pas qu’une telle expérience était dangereuse si la naissance était normale.
La défense du soi
Pour W. l’étiologie du trouble psychotique peut se trouver dans un défaut d’adaptation de l’environnement au stade de la dépendance absolue.
Les psychoses furent essentiellement considérées comme « des troubles dus à une carence environnementale » organisés comme des défenses contre le traumatisme d’une angoisse impensable, et dés lors comme un moyen d’être en relation avec la réalité sans trahir le soi. Il considérait qu’elles comprenaient :
Les distorsions dans l’organisation du moi qui sont le fondement de caractéristiques schizoïdes.
Le développement d’un « soi » qui préserve et l’l’organisation d’un soi qui est faux.
Dans la première de la catégorie :
La schizophrénie infantile ou l’autisme
La schizophrénie latente
La personnalité schizoïde.
Ce qui est commun à tous les cas, c’est que le nourrisson, l’enfant, l’adolescent ou l’adulte ne doit jamais ressentir l’angoisse impensable qui est la source de la maladie schizoïde. Cette angoisse impensable a été ressentie initialement à l’occasion d’une carence de l’apport environnemental, alors que la personnalité immature était au stade de la dépendance absolue.
La seconde catégorie de maladie
La mère suffisamment bonne répond à l’omnipotence du nourrisson et, dans une certaine mesure, elle lui donne une signification, et cette maintes et maintes fois. Par l’intermédiaire de la force que donne au moi faible du nourrisson l’accomplissement de ses expressions d’omnipotence, un vrai soi commence à prendre vie.
La mère qui n’est pas suffisamment bonne n’est pas capable de rendre effective l’omnipotence du nourrisson et elle ne cesse donc pas de faire défaut au nourrisson au lieu de répondre à son geste. A la place, elle y substitue, le sien propre, qui n’aura de sens que par la soumission du nourrisson. Cette soumission de sa part est le tout premier stade du faux soi et elle relève de l’inaptitude de la mère à ressentir les besoins du nourrisson. Par l’intermédiaire de se faux soi, il élabore un ensemble de relations artificiel et, au moyen d’introjections, en arrive même à faire semblant d’être réel, de telle sorte que l’enfant peut en grandissant ressembler exactement à la mère, à la nourrice, a quiconque occupe le premier plan à ce moment là.
Le faux soi a une fonction positive très importante : dissimuler le vrai soi, ce qu’il fait en soumettant aux exigences de l’environnement. Cependant il existe différents degrés de faux soi…
L’adaptation à la réalité partagée
Lorsque les besoins de dépendance absolue ont été satisfaits par l’environnement suffisamment bon, il se produit une transition vers l’état de dépendance relative. Le développement de l’intelligence de l’enfant permet une conscience accrue des soins maternels et de leur nécessité. Le non moi » devient séparé du « moi » et l’objectivité est atteinte, ce qui permet finalement de vivre dans un monde ou les objets peuvent être utilisés parce que qu’ils sont séparés et indestructibles. L’enfant acquiert la capacité de faire face au désillusionnement impliqué dans le renoncement à l’expérience continuelle de toute puissance, et commence à se sentir responsable de ses propres actions. A ce moment, une défaillance graduée de l’adaptation aux besoins de l’enfant devient un aspect important des sons maternels.
L’aire de l’illusion
L’illusion permise à l’enfant est l’illusion de toute puissance. L’adaptation maximale aux besoins du bébé dans le contexte de la relation au moi lui permet une brève expérience de toute puissance. W. croyait que sans ce minimum d’une telle expérience « l’enfant ne peut acquérir l’aptitude d’établir des relations avec la réalité extérieure, ou mémé parvenir à les concevoir ».
Cette aire ou cet espace est le lieu ou se rencontrent fantasme et réalité, ils forment un tout, c'est la que la toute puissance est expérimenté. Grace à cette aire le monde intérieur et extérieur continue à se recouvrir.
Objet transitionnels et phénomènes transitionnels
W. appelait la première possession « non moi », en faisant remonter son origine aux forment très primitives de la relation et du jeu.
L’objet transitionnel, est souvent une défense contre l’angoisse et plus particulièrement une angoisse de type dépressif.
La mère le laisse devenir sale et malodorant, parce qu’elle sait qu’en le lavant elle suscite une rupture de continuité dans l’expérience du petit enfant, ce qui peut détruire la signification et la valeur de l’objet pour l’enfant.
Il y a des qualités particulières qui peuvent être observées dans la relation de l’enfant à l’objet transitionnel :
- L’enfant s’arroge des droits sur l’objet, une certaine annulation de la toute puissance.
- L’objet est aimé avec passion et mutilé.
- L’objet ne doit jamais changer à moins que se soit l’enfant qui le modifie.
- L’objet doit survivre à l’amour instinctuel et aussi à la haine, et a l’agressivité pure.
- L’objet doit donner une certaine chaleur, une certaine texture ou avoir une réalité qui lui est propre. L’objet ne vient ni vraiment de l’intérieur ni vraiment de l’extérieur. L
- L’objet est voué au désinvestissement progressif.
Sur le plan théorique, l’objet transitionnel se situe dans l’aire de l’illusion ; il n’appartient ni au « moi » ni au « non «moi ».
Le jeu
Le jeu préoccupé de l’enfant était considéré pour W. comme une extension de l’utilisation des phénomènes transitionnels.
Quelques qualités particulières du jeu :
C’est la préoccupation qui marque essentiellement le jeu d’un enfant. Ce n’est pas tant le contenu qui compte, mais cet état proche du retrait qu’on retrouve des enfants plus grands et des adultes.
En jouant, l’enfant manipule les phénomènes extérieurs, il les investit en leur confèrent la signification et le sentiment du rêve.
Jouer implique la confiance dans l’environnement et la capacité d’être seul en présence de quelqu’un…
Publié le 01/03/2010 Par Cindy


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Lundi 01 Mars 2010


Posté le Jeudi 06 Mai 2010 à 21:24:37
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