Notions autour de Melanie Klein

Lundi 15 Mars 2010


Fihes qui résume les principale notions de M. Klein

      Notions autour de Mélanie Klein


Mélanie Klein suit d’une certaine manière la méthode Freudienne (reconstituer le complexe d’OEdipe et les différentes étapes du développement libidinal), en proposant de reconstituer l’histoire conflictuelle de la première année de la vie, à partir d’analyse d’enfants très jeunes et très perturbés. Elle utilise les fantasmes qu’elle voit dans les jeux d’enfants.

Dans son travail, Mélanie Klein s’est appuyée sur la deuxième théorie des pulsions de Freud et elle met le poids de la pulsion de mort au coeur de sa conception. Elle pense que ces forces Eros et Thanatos coexistent depuis le début de la vie de façon innée. Ce conflit va engendrer la force des fantasmes de destruction et de conservation et organiser les premiers stades de la vie psychique.

 Elle pense que les fantasmes sont issus de l’avidité du jeune enfant pour les bonnes choses contenues dans le ventre de sa mère ce qui expliquerait son envie de les posséder. Elle se représente que l’enfant est essentiellement animé par des pulsions agressives sadiques qu’il projette sur le contenu du corps maternel et qu’il incorpore à l’intérieur de lui-même, ce qui a pour conséquence l’angoisse d’avoir à l’intérieur de soi des éléments destructeurs et l’angoisse d’être en retour attaqué, dévoré par une mère très archaïque qui souhaiterait récupérer ce qui lui aurait été pris .

Ces fantasmes sont l’expression du deuxième stade oral cannibalique (décrit par Abraham)

Mélanie Klein construit cette interprétation à partir du jeu et des dessins.

Premier mois ,la position schizo-paranoïde

le premier temps du développement est marqué par des processus d’incorporation ou d’introjection « mettre à l’intérieur de soi » ce qui est à l’autre et de projection « rejeter et attribuer à l’autre ce que l’on ne veut pas »


Les premiers temps du développement sont marqués par la projection de la pulsion de mort sur l’extérieur et un mouvement d’incorporation, dans une double dynamique :

      - désir d’incorporer ce qui est bon,

      - angoisse d’être attaqué du fait de la projection de ces mouvements agressifs.

Ce double mouvement est projeté sur la mère et aboutit à un clivage de la représentation de la mère :

      - une bonne mère (le bon sein), qui est l’objet du désir avide.

      - une mauvaise mère (le mauvais sein), qui est vécue comme persécutrice, dangereuse, susceptible d’attaquer l’enfant pour récupérer ce qu’il a mis en bon de lui.

(Elle entend par "sein" ce qui symbolise la mère)

Mélanie Klein veut rendre compte du fait que durant la première année, l’enfant n’a pas une représentation unifiée de sa mère. Il ne la vit pas comme une personne totale, tantôt bonne, tantôt mauvaise, comme un objet partiel .

C’est un système très protecteur, car la bonne mère permet de le protéger de tous les mouvements d’agressivité que l’on peut avoir à son égard et c’est la mauvaise mère qui est le support de son agressivité. Ce système permet aussi au bébé de maintenir en lui l’illusion qu’il y aura toujours une bonne mère.

Dans cette position, c’est la crainte de la persécution qui domine, due à l’agressivité projetée vers l’extérieur et l’image de la mère scindée en deux.

la position dépressive

C’est la période pendant laquelle l’enfant prend conscience du fait qu’il n’y a pas un bon objet et un mauvais objet maternel, mais un seul qui peut être parfois bon et parfois mauvais, c’est-à-dire ambivalent.

D’autre part, quand l’enfant vit sa mère comme clivée, il se représente lui-même comme ayant une représentation clivée de lui :

      - un bébé qui réalise de bonnes expériences,

      - un mauvais bébé qui porte la haine.

Le bébé va peu à peu prendre conscience que c’est la même personne qui parfois le frustre et parfois le satisfait et qu’il est lui-même le même enfant qui vit alternativement des sentiments opposés.

Cette prise de conscience entraîne beaucoup d’angoisse et un mouvement dépressif.

Si l’enfant peut supporter cette nouvelle perspective, cela contribue à lui permettre de se sentir unifié et efface le clivage de la première année. Il admet que lui-même et l’extérieur sont animés de sentiments contradictoires.

Les réactions de l’environnement sont très importantes dans cette étape pour bien aborder cette position dépressive et la dépasser.

Si la mère est capable de supporter les mouvements agressifs de son bébé et continue à le contenir, cela va rassurer l’enfant sur le fait qu’il n’a pas détruit l’objet, et calmer ses angoisses destructrices.


La dépression se remet en jeu à l’adolescence quand il faut se détacher des parents. Des mouvement agressifs sont utilisés pour le faire, les angoisses se réveillent et l’adolescent doit réélaborer ce jeu de la position dépressive. Sa capacité à être confronté aux épreuves de la vie dépendra de la façon dont il a pu dépasser cette position dans son enfance.

L’évolution normale

Il y a un travail psychologique très important sollicité à ce moment-là, qui pousse l’enfant à la symbolisation pour déplacer ses pulsions négatives dans le registre des représentations symboliques.

C’est aussi une évolution vers une prise de conscience croissante de la réalité. L’enfant va se dégager de ses fantasmes pour intégrer les éléments de la réalité.

Cette position dépressive, selon Mélanie Klein, ne se passe pas uniquement pendant la petite enfance, mais va se rejouer au cours de la vie, chaque fois que l’être humain est confronté à des séparations ou à des pertes, avec des mouvements persécutifs, une angoisse d’absence.

La qualité de ce qui s’est passé pendant la position dépressive première a un impact sur la façon dont à l’âge adulte, le sujet sera confronté à des séparations

CONCLUSION

- Les difficultés à dépasser la position schizo-paranoïde aboutissent à une non unification du moi et à des psychoses graves.

- Les difficultés à dépasser la position dépressive conduisent aux psychoses maniaco-dépressives.

MK a fait des propositions qui ont été confirmées par la clinique des adultes psychotiques. Sa théorisation extrêmement riche a fait l’objet de critiques. L’une des plus vives est le fait qu’elle prête au nourrisson une vie mentale riche et complexe.

Elle présuppose une véritable organisation psychique, contestée par d’autres auteurs.

MK soutient que les pulsions sont innées et qu’il y a tout de suite un Objet vers lequel est tourné la pulsion. Elle met donc au premier plan le vécu intra psychique : les fantasmes intra psychiques primaires sont essentiels pour l’établissement de la relation d’objet plus ou moins indépendamment du comportement maternel et de l’environnement.

On est centré sur l’intérieur d’un nourrisson qui est en proie à des conflits majeurs,pour qui existe des objets qu’il peut détruire . Il y a mouvement de réparation vis-à-vis de sa mère ce qui va le rassurer, il a de bonnes choses en lui, ce qui contribue à l’unifier…

Angoisse de persécution, introjection et projection :

Dès la naissance, il existe selon elle un moi capable d’éprouver de l’angoisse, d’employer des mécanismes de défense et d’établir des relations primitives d’objet dans le fantasme et la réalité. Mais ce moi est immature, inorganisé. Dès le début, l’angoisse est due à un conflit entre pulsions de vie et pulsions de mort et elle se transforme en crainte d’être persécuté, c’est l’angoisse de persécution.

 

La projection et l’introjection sont des mécanismes de défense résultant de fantasmes inconscients. L’introjection est l’intériorisation, principalement des éléments gratifiants, satisfaisants, provenant du monde extérieur. La projection est, au début, la tentative de l’enfant de se débarrasser de ses frustrations vécues comme persécutrices. Mais il peut aussi y avoir projection d’éléments positifs et introjection d’éléments négatifs. Cette séparation de l’angoisse et la captation du « bien-être » va entraîner le clivage : séparation entre bonne et mauvaise mère (la bonne étant idéalisée et la mauvaise perçue comme persécutrice). Le clivage sépare aussi bien les pulsions que les objets pour permettre de vaincre les angoisses de persécution.

 

La position schizo-paranoïde et dépressive :

C’est dans cet état qu’on parle de position schizo-paranoïde (3-4 premiers mois) : il y a prédominance des pulsions de mort, angoisse de persécution et clivage. L’avidité et l’envie jouent un rôle important. M. Klein distingue les enfants qui arrivent à se rassasier après une frustration, éprouvant de la satisfaction et de la gratitude, de ceux qui ne sont jamais satisfaits et font perpétuellement preuve d’envie, qui est destructrice. Le tout petit a ainsi sa propre dynamique dans la relation d’objet et il y a beaucoup de différences individuelles aussi bien internes que dans l’environnement. L’enfant désire être compris et aimé et c’est de là que vient la relation particulière.

 

Puis vient la position dépressive (5ème mois environ) : l’enfant sent de plus en plus que le bon objet et ses pulsions de vie sont plus forte que le mauvais. Il aura donc moins peur de ces pulsions mauvaises et attaques imaginaires, et a moins besoin de les projeter. Il aura ainsi moins peur de leur retour agressif. Le nourrisson se reconnaît comme un objet total par rapport à se mère, autre objet total, plus proche de la réalité. Comme il ne se rend pas compte de la différence entre ses fantasmes et la réalité, il aura peur d’avoir abîmé l’objet maternel. Les angoisses persécutrices s’effacent au profit d’angoisses de type dépressives : l’enfant a peur que ses pulsions anéantissent l’objet, dont il dépend entièrement (car il est aussi bon). Cette position entraîne une attitude d’amour et des tendances réparatrices (premiers vrais blottissements et « dons » à la mère). C’est à cette période que naît le surmoi précoce de l’enfant.

 

Racines infantiles du monde adulte :

L’intériorisation du bon permet d’être heureux à la place de l’autre et ainsi de ne pas dépouiller l’autre par envie. Cette capacité de satisfaction et de relation de confiance est très liée à celle d’être satisfait et la gratitude dans la relation à la mère. Ne pas être empli d’envie et une bonne introjection du bon objet maternel permettent ainsi un développement plus sain et une relation plus confiante avec le monde, selon M. Klein.

L’avidité, à la source de l’ambition, peut être mise au service des autres (bon leader) ou non (recherche de pouvoir et de prestige), encore une fois, selon les intégrations précoces. Les positions peuvent être « réactivées » dans des phases importantes de la vie.

 

Les fantasmes et représentations infantiles jouent donc, pour M. Klein, un rôle essentiel dans le développement de la personnalité par l’influence continue de l’inconscient.

*                       La position dépressive (6-12 mois)

Face à l’objet idéal, grâce à l’identification projective, le bébé va construire un moi unifier et ce percevoir comme un tout (augmentation du narcissisme (confiance en lui, force grandissante, moins de peur). L’enfant développe une perception du monde moins déformé. Cela a comme conséquence une diminution des mécanismes de défense, précédemment utilisé, mieux gérer.

 Ainsi, la diminution du mécanisme de clivage va entrainer une prise de conscience, l’objet mauvais ou bon est le même, l’objet partiel fait partie de l’objet globale. Cette prise de conscience rend compte, au bébé qu’il, est dépendant de sa mère. Parallèlement, la diminution du mécanisme d’identification projective rend compte au bébé qu’il ne peut contrôler l’objet. 

Malgré tout, l’absence de sa mère est mieux tolérer,  l’enfant est en sécurité car ilsait que sa mère va revenir.

Conscient du faits que son objet d’amour est indépendant de lui, il va être dans une crainte de la perdre, ce sentiment de culpabilité va fait naitre un besoin de réparation et la volonté de faire partager  les instants de plaisirs. La présence de la mère est déterminante car grâce à celle-ci, la perception de l’enfant, quitte le fantasme, se rapproche de la réalité. Le bébé peut a peut prend conscience qu’il ne peut être détruit par les pulsions agressives. Le bébé développe ses propres mécanismes de défense, le « surmoi » (p202)



Publié le 15/03/2010 Par Cindy
 

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