Anaïs Lotte-Psychologue Clinicienne-Cabinet ParisPsy
LES AGIRS VIOLENTS A L‘ADOLESCENCE ENJEUX
I- INTRODUCTION SUR LE PROCESSUS ADOLESCENT
En premier lieu, pour illustrer ces problématiques concernant les adolescents, il convient de revenir sur les deux types de conflits aigus réactivés au moment de l’adolescence. D’une part, la réactualisation conflictuelle se situe au plan narcissique avec la représentation de soi remise en jeu. En effet, l’adolescence est une période qui implique des remaniements narcissiques majeurs. En premier lieu, à l’adolescence, les transformations pubertaires mettent à l’épreuve l’identité, le sentiment d’intégrité corporelle et de continuité d’exister du sujet. L‘image corporelle est éprouvée, la représentation de soi est fragilisée. Ainsi les remaniements au niveau narcissiques s’avèrent conséquents à cette période de la vie, et peuvent conduire à de grandes difficultés et d’importantes souffrances narcissiques.
En second lieu, les transformations pubertaires induisent une sexualisation du corps, sexuation porteuse d’une identité sexuelle. Le travail de l’adolescence sous-tend ainsi, non seulement d’effectuer un choix d’identité sexuelle, mais aussi de renoncer à la bisexualité psychique. La sexuation à cette période oblige aux choix d‘objet masculin ou féminin. D’autre part, au plan objectal, la conflictualité autour de la relation d’objet est ravivée. Deux types de problématiques sont amenés sur le devant de la scène psychique. Ainsi, la perte d’objet est réactivée au moment de l’adolescence. L’importance des transformations pubertaires, et la sexuation particulièrement, modifient également les relations d’objet, les relations aux figures parentales. Le sentiment de perte à l’adolescence concerne le nécessaire renoncement aux imagos parentales idéalisées.
En effet, les figures parentales idéalisées doivent se confronter aux parents réels et perdre ainsi de leur coloration œdipienne. Le sentiment de perte est donc très vif à l’adolescence, en lien avec le nécessaire renoncement aux figures d’attachement œdipienne et désillusionnement. En outre, la problématique de perte au moment de l’adolescence est liée à la réactualisation du complexe d’Œdipe. En effet, la sexualité humaine est bi phasique, l’adolescence est la seconde phase du développement psychosexuel de l’individu; les traces de la sexualité infantile sont à cette période réactivées et doivent faire l’objet d’un réaménagement. Ainsi, non seulement la conflictualité œdipienne est ravivée à l’adolescence, mais aussi la sexualisation du corps rend possible la réalisation des désirs œdipiens. Ceci rend d’autant plus la séparation et le renoncement aux objets d’amour primaires nécessaire ( les réactions à l‘adolescence sont la prise de distance, voire le dégoût envers les parents telle une formation réactionnelle au désir). L’étayage sur l’immaturité fonctionnelle n’étant plus possible à l’adolescence, survient la nécessité de s’appuyer sur l’intériorisation des interdits. Ainsi, la mise en place de l’intériorisation des interdits à la latence (par le refoulement et la création de digues psychiques suffisantes) s’avèrera déterminante quand au possible renoncement aux objets d’amour œdipien à l’adolescence.
II- L’AGIR ET LA VIOLENCE DANS LE PROCESSUS ADOLESCENT
L’adolescence est en soi un mouvement psychique violent. Il n’y a pas d’adolescence sans violence. P. Gutton et François Marty distinguent la violence de l’adolescence de la violence de l’adolescent. La violence de l’adolescence réfère à la force et l’intensité de ce processus de changement. La violence de l’adolescent intervient lorsque les bouleversements inhérents au processus de l’adolescence se confrontent à un adolescent au narcissisme fragile.
La violence de l’adolescence peut alors s’avérer traumatique et devenir menaçante pour le narcissisme et l’identité du sujet. Se profile donc le risque de recours à l’acte violent à l’adolescence. Freud envisage l’agir d’un point de vue économique, comme un mouvement de décharge des surplus d’excitations psychiques. Dans les premiers temps de la vie psychique, l’agir va permettre une satisfaction pulsionnelle immédiate, par le biais de la décharge motrice. Dans un second temps, l’investissement de la pensée permet de différer le moment de la satisfaction, la pensée acquiert ainsi une fonction de pare-excitation.
A- Le traumatisme inhérent au processus pubertaire
F. Marty dans l’illégitime violence, considère la violence agie ou manifeste comme la manifestation d’une autre violence : celle du processus pubertaire. L’auteur met ainsi en évidence l’aspect traumatique de l’irruption effractante de la sexualité génitale; avec la sexuation du corps à l’adolescence. L’ensemble du processus adolescent implique cette violence pubertaire. F. Marty se réfère à la théorie de Laplanche sur la séduction généralisée et considère un traumatisme généralisé. Ainsi, il n’y a pas de vie psychique sans confrontation au traumatisme, ni sans violence. La vie psychique entière s’origine dans ce mouvement pulsionnel issu du traumatisme, qui va conduire à la recherche de satisfaction de cette pulsionnalité. La satisfaction de cette énergie psychique peut s’effectuer de deux manières : la satisfaction directe dans la mise en acte (la décharge motrice), où la transformation par le biais des processus de pensées (refoulement, symbolisation, sublimation, représentation). Ce nécessaire traumatique du pubertaire met à défaut la pensée, de façon transitoire ou permanente selon les individus. La possibilité de d’intérioriser le conflit, de le rendre accessible à la pensée pose alors question concernant les passages à l’acte violents à l’adolescence.
D’un point de vue économique, il est nécessaire de souligner la difficulté à lier l’agressivité issue du traumatisme et libido, conduisant ainsi à des mouvements haineux interne susceptible d’être projetée sur le monde extérieur. Une violence agie qui si elle est projetée sur le monde extérieur n’a pu être transformée ou sublimée. Ceci pose la question du travail de la latence. Il faut aussi considérer que l’adolescent n’est pas en mesure d’intégrer spontanément cette violence du pubertaire, de ce fait le recours à l’agir peut s’avérer nécessaire avant de pouvoir intégrer cette violence psychiquement et la transformer. P. Jeammet, dans son article Les assises narcissiques de la symbolisation envisage également le recours défensif à l’agir,en lien avec une difficulté de psychisation du conflit, mais sous un angle différent, qui parait constituer un point de discussion intéressant. En effet, l’adolescence, en tant que période de remaniements narcissiques majeurs, est susceptible d’engendrer, chez des individus aux assises narcissiques fragiles, un antagonisme entre relation objectale et sauvegarde du narcissisme du sujet. Une telle conflictualité peut conduire à une désymbolisation des éléments du conflit et conduire au recours défensif à des conduites agies. La pensée se trouve être entravée, puisque la symbolisation implique de pouvoir concevoir conjointement, ce qui lie et ce qui sépare l’objet symbolisé du symbole. Ceci suppose une capacité claire de différenciation sujet-objet, que ces sujets ne possèdent pas, aux vues de la défaillance des assises narcissiques. P. Jeammet ne postule donc pas une difficulté à lier, mais une impossibilité se traduisant par un antagonisme, un clivage mettant en jeu l’intégrité narcissique du sujet.
Conjointement à F. Marty, qui envisage la conduite agie comme le mouvement projectif de mauvais objets internes dans le passage à l’acte, l’auteur conçoit également le recours à l’agir comme une modalité défensive, mais comme une tentative de figuration corporelle. Malgré cette forme de pré-symbolisation, l’agir reste une perte de sens massive car il privilégie le recours à la décharge pulsionnel et le recours aux processus primaires aux processus secondaires indispensables au travail de la pensée. Ainsi, l’adolescent vit l’irruption génitale comme une attaque de l’extérieur, il a le sentiment d’être agi de l’extérieur comme de l’intérieur (indépendamment de sa volonté). Ce dernier se ressent comme victime d’une attaque, un sentiment qui va entraîner une fragilisation des assises narcissiques. L’adolescent va donc agir pour ne pas être agi. Le recours à l’acte tend donc à lutter contre le sentiment de passivité et d’impuissance, ceci par un mouvement de contre investissement et de projection sur le monde externe. Dans la perspective traumatique du processus adolescent, la projection est massive, le sujet attribue à l’autre toutes les responsabilités de ce qu’il subit. Une attaque projective qui peut être envisagée comme une « auto-défense », une défense narcissique contre le traumatisme de l’effraction pubertaire. D. W. Winnicott met également en évidence, concernant l’agressivité, que chez certains enfants, la tentative de maîtrise totale des mauvais objets internes, plonge l’enfant dans un sentiment de mort intérieure insupportable, dont il ne peut sortir que par le biais de la défense maniaque où de l’agressivité explosive. Force est de se demander si l’auteur n’impliquait pas l’agir dans sa compréhension de l’agressivité explosive, tant le fonctionnement décrit semble correspondre à l’agir pour ne pas être agi.
Ainsi, l’adolescent qui se ressent comme attaqué, parfois menacé dans son intégrité narcissique n’est il pas plongé dans la dépression d’une mort intérieure insupportable que décrit Winnicott ? Le recours à l’acte traduit un sentiment intérieur de passivité et d’impuissance, en cela qu’il signe l’échec de la tentative de maîtrise des mauvais objets interne. La conséquence en est l’agressivité explosive chez D.W. Winnicott, et le recours à l’agir défensif, par le biais de la projection massive, chez F. Marty.
B- L’agressivité : une force de vie
Winnicott considère l’agir délinquant comme une façon de communiquer avec l’adulte, de lui transmettre un message. Un point de vue positif à propos du passage à l’acte, traduisant la présence de liens et de conflictualité avec les objets du monde externe. En effet, la conduite agie délinquante serait un mode d’opposition à la loi du père, déplacée sur la société.
Par ailleurs, le conflit en cela qu’il fait l’objet d’un processus de déplacement est non seulement présent sur la scène psychique, mais aussi intériorisé. Par ailleurs, l’auteur envisage l’agressivité comme distincte de la libido, que ce dernier rattache à une « force de vie ». La notion de force de vie, ne retire néanmoins pas à l’agressivité sa part de désintrication pulsionnelle. Cette conception Winnicotienne présente tout son intérêt, au regard d’autres conceptions émergentes telles que la « violence fondamentale » proposée par Jean Bergeret qui situe cette force de vie comme originaire, antérieure à toute activité libidinale. L’auteur envisage un développement harmonieux comme la capacité à utiliser l’agressivité pour défendre ses bons objets contre les attaques du monde extérieur, dans un investissement pulsionnel raisonnable.
Par ailleurs, au stade de la colère, D.W Winnicott constate que le monde extérieur peut être désinvestit par le sujet car porteur des mauvais objets projetés. D’après F. Marty, le recours à l’acte impliquerait la projection massive des mauvais objets internes potentiellement persécuteurs, sur le monde extérieur. Or, il est possible de lier les deux conceptions. En effet, transposé à la période adolescente, la relation à l’objet en soit menaçante associée aux projections massives des mauvais objets internes sur le monde extérieur, peut alors mettre en évidence la double menace que représente le monde externe et consécutivement le mouvement de déliaison, voire de clivage, tant entre agressivité et libido, que préservation narcissique et relation objectale issu de l’antagonisme entre monde interne et monde externe.
C- Fragilité narcissique, fragilisation identitaire
Aujourd’hui l’accent est porté, concernant les passages à l’acte violents à l’adolescence, sur la fragilité narcissique et identitaire. Des défaillances narcissiques fondamentales réactualisées par le processus adolescent qui fragilisent les assises narcissiques du sujet. En effet, à l’adolescence, le sujet est privé du soutien narcissique des objets parentaux de l’enfance car le renoncement aux objets d’amour primaire devient un travail nécessaire. Certains auteurs envisagent la violence sur un versant positif, ainsi, lorsque A. Birraux évoque la « bonne violence », J. Bergeret considère « la violence fondamentale«. Jean Bergeret a élaboré le concept de violence fondamentale et propose ainsi de penser la nature et l’origine de la violence. Introduire la notion de violence fondamentale permet de distinguer violence et agressivité, une confusion pouvant conduire, selon l’auteur, à certaines dérives. Avec le concept de violence fondamentale J. Bergeret envisage la violence telle un instinct de vie, un instinct narcissique naturel et inné. Une pulsion vitale présente chez tout individu et soutenant le mouvement du développement: une tension vers la satisfaction des besoins et des désirs. J. Bergeret considère la violence comme « le narcissisme à l’état pur ». En effet, la violence est conçue comme un instinct de conservation, une défense narcissique visant à préserver l’intégrité narcissique, moïque, voire identitaire de l’individu.
L’individu violent se défend donc d’une frustration narcissique ou d’un traumatisme. L’intérêt au niveau thérapeutique est patent, il s’agit face à un individu dit agressif, de tenter faire saisir à ce dernier qu’il se défend car il se sent narcissiquement frustré. L’auteur établit également une distinction entre les notions de violence et d’agressivité. Il soutient que quand un individu violent s’attaque à un autre, il s’agit de « légitime défense », il tend à se protéger. La violence est une régression où l’altérité est sacrifiée. En outre, l’objet de cette violence est indifférent car la violence ne concerne que le sujet lui-même. En revanche, l’agressivité concerne la relation objectale mais une relation érotisée et pervertie. Quand un individu agressif s’attaque à un autre, l’agressivité est dirigée spécifiquement envers l’objet et concerne l’objet. Il y a conscience de l’identité de celui qui est attaqué. L’agir violent trouve origine dans les frustrations narcissiques et traumatismes affectifs, psychiques et physiques issus de l‘enfance et de l‘adolescence. Du point de vue de la fonction maternelle, quand la violence échoue à être transformée, cela peut conduire à des agir violents dans la suite du développement de l’enfant, particulièrement à l‘adolescence où le risque de recours à l‘acte est accentué. J. Bergeret soutien que l’origine de la mauvaise intégration de la violence peut aussi se situer dans la période anténatale et fœtale. III- La recours à l’acte violent chez les adolescents
A- Une tentative d’existence
Claude Ballier a travaillé sur la question des passages à l’acte violents et ultra violents. Selon l'auteur, au moment du passage à l’acte ultra violent, pouvant conduire au meurtre, le sujet se trouve dans un moment psychotique, il est en rupture avec la réalité. De plus, il y a un déni de l’altérité, l’autre est un prolongement de soi en écho à des projections massives. Le passage à l’acte consiste alors dans un recours défensif, à sauvegarder l’identité et l’intégrité physique et psychique du sujet. De plus, l’objet devient menaçant par le désir de rapproché que ce dernier, induit chez le sujet. En effet, C. Ballier se reporte à la théorie de l’incestuel de Claude Racammier. Il s’agit d’un climat incestuel issu d’une situation de rapproché psychique qui indifférencie les générations. La confusion est centrale dans la sphère familiale et concerne les places et rôles et les états affectifs de chacunt. La présence d’un climat incestuel a souvent pour effet l’impossible séparation avec la mère et les objets d’amour œdipiens. En outre, le passage à l’acte violent peut être considéré comme une tentative d’exister dans un élan vital. Le sujet tente de se séparer pour préserver son intégrité narcissique.
B- Une constitution de limites
L’adolescent, selon P. Jeammet, passe à l’acte pour rétablir des limites entre soi et l’autre, des limites se rapportant au sentiment d’identité. Le passage à l’acte violent tend donc à se protéger narcissiquement au moment où le sujet ressent le rapproché avec l‘autre comme menaçant. Il y a angoisse de fusion. Mais il a surtout une valeur positive car il induit non seulement la reconnaissance de l’autre comme différent, mais aussi que le sujet a eu un désir de rapprocher avec autrui, il y a présence d’une tentative de lien. Ainsi, la violence témoigne de la présence du lien objectal, elle est toujours adressée à quelqu’un.
IV- Criminalité adolescente et problématiques narcissiques- La littérature
A- Le crime adolescent: une tentative de séparation
Le crime adolescent serait une tentative de séparation (Bessoles, 2005), un passage à l’acte faisant écho à l’indifférenciation et la confusion soi/autrui à l’œuvre sur la scène psychique. Un éprouvé archaïque dont l’origine se situe dans un défaut de « mélancolisation » de la relation fusionnelle primitive à la mère. D’après M. Mahler le passage à l’acte criminel chez l’adolescent serait en effet issu d’une relation primitive pathologique réactivée par le processus adolescent. De plus, l’auteur soutient également que l’impasse du processus de séparation/individuation serait liée à un défaut d’élaboration de la position dépressive. En effet, le passage à l’acte criminel renvoie alors à un mouvement régressif vers des positions schizo/paranoïdes au sens kleinien teinté de toute puissance infantile. La réactivation de la problématique de séparation inhérente au processus adolescent réactualise donc des angoisses de type archaïques. Le défaut d’accession à l’angoisse de castration et d’élaboration de la perte, faisant résurgence lors du processus adolescent immerge le sujet dans une impuissance infantile « Hilflosichgkeit » et un éprouvé de détresse intense. L’agir violent est alors une tentatives d’existence, un acte de « survivance » (Altounian, 2000) face à ces angoisses de type symbiotique qui menacent le sentiment de continuité d’être. Les enjeux identitaires sont essentiels dans le crime adolescent, qui comporte des composantes psychotiques.
B- Le crime adolescent: un retournement actif, un mécanisme de dégagement
Face à cet état de détresse intense, le crime adolescent est une tentative de subjectivation et d’individualisation. Le passage à l’acte violent est un mécanisme de dégagement (comme en témoigne l’aspect calmant et soulageant de l’acte criminel) de la passivité et l’état de dépendance absolue de l’enfant soumis à l’emprise des soins maternels dans la relation primitive. Un éprouvé de passivation (Green, 1982) réactivé par le processus pubertaire. Le crime est un retournement actif de la passivation (Gutton, 2001). De plus, selon l’auteur la période adolescente permettrait une réparation de la relation primitive, une guérison de la séduction généralisée. L’ « archaïque pubertaire » permettrait de modifier l’aspect narcissique de la relation primordiale.
Conjointement, l’échec d’une possible réparation serait susceptible de conduire à la criminalité chez l’adolescent. En effet, l’aspect pathologique de la relation archaïque à la mère serait issue d’une défaillance de la fonction maternelle de pare-excitations. La mère serait trop excitante, omniprésente et intrusive. Une emprise chosifiant pour l’enfant qui ne peut alors avoir accès à ses désirs propres et ainsi accéder à la subjectivation. Les atteintes faites à l’enveloppe corporelle chez certains adolescents telles que les scarifications et automutilations témoigne de cette intrusion et de la défaillance de la relation mère-bébé. Le crime peut alors être entendu comme un mécanisme de dégagement de cette emprise maternelle archaïque.
C- Le crime adolescent un dégagement des angoisses d’anéantissement
L’échec du processus adolescent avec l’impasse du travail de séparation/individualisation est à l’origine de l’effondrement psychique, se caractérisant par les angoisses d’anéantissement. L’angoisse de castration n’est pas chez ces adolescents étayée par des imagos parentales oedipiennes suffisamment fiables et sécurisantes. Face à la menace de fusion, à la menace identitaire le meurtre est une tentative de survivance. Ainsi, Philippe Bessoles (2005) introduit également le principe de « calmance » pour comprendre l’acte criminel adolescent comme un apaisement de ces angoisses d’effondrmement identitaire.
Les conduites auto-calmantes sont des stratégies anti-traumatiques s’apparentant aux bercements usités par certaines mères pour apaiser ou endormir leur enfant. Concernant le passage à l’acte hétéro-agressif violent chez les adolescents, la « calmance » tend à assurer une continuité d’exister au sujet en un mouvement de régression vers un narcissisme primaire. Il s’agit de maintenir le vécu de toute puissance infantile, et l’existence d’un Idéal du Moi primaire. Le non-choix de la victime, anonyme ou « objet non-objet » (Racamier, 1992) témoigne des enjeux narcissiques sous-tendant le passage à l’acte. Le fait que la subjectivité de la victime ne soit pas prise en compte permet que l’acte soit au service du narcissisme de l’individu.
Publié le 30/06/2010 Par Cindy


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Mercredi 30 Juin 2010

