Les grèves dans le monde étudiant

Lundi 26 Octobre 2009


Face à la grève du semestre dernier dans les facultés, que peut-on analyser du vécu des étudiants? Des psychologues ont analysé cette période afin de mieux comprendre les enjeux qui peuvent se jouer lors d'une gréve durant plusieurs mois.

Vécu des étudiants lors des dernières gréves étudiantes

Afin de mieux comprendre le mouvement de grève présent dans les facultés il est intéressant de retracer rapidement l’historique de celle ci. Les premières universités françaises sont créées au Moyen Âge, la date traditionnellement donnée de création de l’université de Paris étant 1200, suivi de peu par celle de Toulouse sur le même modèle. En 1789, la France compte 22 universités, qui sont supprimées par la Convention nationale en septembre 1793. Napoléon Ier créée en 1808 l'Université impériale qui englobe l'ensemble de l'enseignement secondaire et supérieur et qui est divisée en autant d'académies régionales correspondant aux ressorts des cours d'appel. Dans les principales villes où elles existaient, il rouvre les facultés pour le droit, la médecine, la théologie, les sciences et les lettres. En 1875, la loi sur la liberté de l’enseignement supérieur permet la création de cinq Universités catholiques.

Après les mouvements étudiants de mai 1968, le statut et l'organisation des universités est fortement modifié : la division en quatre facultés est abandonnée, et les universités des grandes villes sont divisées en plusieurs établissements publics dont le nom (Université de Paris I-Panthéon Sorbonne, Paris II-Assas, Paris III, Toulouse I, Toulouse II,..) désigne le site géographique où elles sont installées et qui regroupe plusieurs filières d’enseignement universitaire. Depuis 1984, en France, on parle désormais officiellement d'unité de formation et de recherche (UFR). Après avoir réformé leur cursus entre 2003 et 2006 (réforme LMD), les universités françaises sont désormais engagées dans la constitution de pôles de recherche et d'enseignement supérieur et/ou dans l’accession aux «compétences élargies» (application de la Loi relative aux libertés et responsabilités des universités). La formation des universités couvre tous les domaines du savoir. Elle est assurée par des enseignants-chercheurs. Les universités jouissent d’une autonomie pédagogique: elles réalisent et proposent les maquettes de leurs diplômes au ministère de l'enseignement supérieur et de la Recherche.

Chaque université comprend plusieurs unités de formation et de recherche, souvent se rapportant à un champ disciplinaire plus ou moins large (exemple: unité de formation et de recherche en sciences, unité de formation et de recherche en mathématiques). Ce sont des établissements publics et autonomes. L’enseignement s’y fait pour toute personne titulaire du baccalauréat par des enseignants-chercheurs, les mêmes qui mènent leur travail de recherche au sein des unités de l’université. Au travers de cette historique on peut voir qu’il y a eu tout de même peut de changement dans l’histoire de cette institution qu’est l’enseignement supérieur de la recherche. Ainsi on peut imaginer la difficulté pour un regroupement de subir des changements. Ceci sera développé dans les parties suivantes.

Le centre Henri Piéron réflexion autour des théories groupalistes et de l'avant gréve.

La faculté René Descartes paris 5 centre Henri Piéron est un sous ensemble faisant partie d’une unité de neuf établissements rattachés à la faculté de Paris 5. Il est compliqué de dire que le ce centre est lui même une institution, car il fait partie d’un ensemble institutionnelle plus important. On peut noté qu'il y a tout de même dans ce centre un coté organisationnel et des valeurs fondatrices. On peut donc déterminer d'une certaine manière que ce centre est une manifestation organisationnelle, cependant afin de comprendre les mouvements de grèves nous utiliserons les théories sur l'institution développé par Soula Desroches.

Ce que l'on peut comprendre dans le développement de soula Desroches c'est que l'on ne peut pas concevoir les structures institutionnelles comme extérieures aux personnes car nous somme à notre insu, tout membre de l'institution, porteur des structures, des normes, des valeurs et des organisations à laquelle on est rattachés. Les développement de Kaés sur le groupe nous permettent de comprendre à quel point l'individu est impliqué dans le mouvement groupal qu'est l'institution.

En effet trois notions sont intriqués: l’intrapsychique (le fonctionnement psychique individuel), l’intersubjectif qui recouvrent notamment la façon singulière dont des liens subjectifs organisent un groupe et le transubjectif,création d'un appareil psychique groupal. Ces notions sont liée comme des filets différenciés mais intriqué les uns aux autres d'une façon particulière. En effet on peut imaginer que les mailles de chacun des filets ont par certain endroit des béances qui représentent des failles narcissiques qui sont lieux de collusion entre les différentes béances narcissiques des autres filets. Ainsi lorsque l'on touche à l'intersubjectivité ou à la transubjectivité du groupe cela se répercute automatiquement dans l'intrapsychique de l'individu.

Dans le même ordre d'idée, on peut aussi voir le centre Henri Piéron sous l'angle d'Anzieu avec la notion d'enveloppe. Ceci nous permet de penser l'institut avec un dedans et un dehors ce qui implique les notions de limite et de contenance. Comme une peau contenante le centre protège d'une certaine manière le narcissisme individuel en comblant les failles narcissiques de chaque individus. Ainsi au vu des mouvements que c'est il donc passé dans les mouvements psychiques individuel et groupal.

Le centre Henri Piéron durant la grève

Afin d'introduire les bouleversements causé par la grève il est important de faire une distinction entre adaptation et changement. Si les valeurs instituantes sont remises en cause et que de nouvelles valeurs instituantes prennent place dans la conception d’un nouveau système d’organisation alors il s’agit d’un changement de structure mais aussi des valeurs, des représentations, des normes, et de règles de fonctionnement intériorisées par les professionnels, de l’identité professionnelle, donnant lieu à un renouveau du processus d’identification. L’adaptation concerne des ajustements du cadre institué et du système d’organisation dans le même système de valeurs (sans interroger la finalité du soin ou du travail social dans la globalité du rapport du somatique, du psychique et du social). Pour passer de l’adaptation au changement, un travail sur l’abandon des stéréotypes, des normes et des valeurs intériorisées doit être effectué avec les membres du groupe, afin que ces nouvelles valeurs puissent s’inscrire dans un système d’organisation du travail repensé comme un tout.

Si l'ont se référe aux causes de la grèves, plus que les revendications causé par la lois LRU, il est important de constater la manière de présenter la lois auprès des universités. Ainsi il semble que la lois LRU à été posé de façon à changer sur beaucoup de points la vie institutionnel tant dans l'organisation du centre que dans ces valeurs.

Si l'on se réfère aux théories groupalistes ont perçoit le psychisme individuel comme ayant une essence groupale (Kaës). En effet chaque individu est relié à différent groupe durant son enfance et ainsi ont peu distinguer différentes « organisation psychique »: intrapsychique, intersubjectif, transubjectif.

Le centre Henry Piéron constitue lui même un regroupement avec un coté organisationnel des taches réparties dans le réseau entre les membres et un système de valeurs intériorisés.

Ainsi des changements touchant à l'un de ces axes implique une évolution des processus d' identification, des investissements, des contre investissements et de l'identité des membres. Des changements toucheront aussi le cadre institutionnel et les groupes d'appartenance dans lequel ceux ci travaillent.

Ainsi le projet LRU à eu pour effet de bouleverser en tout points les deux axes fondateurs du centre Henry Piéron; tant dans son organisation que dans ces valeurs.

En se référant à la notion de trauma institutionnel définie par Soula Desroches, ont peu imaginer que la peau du corps institutionnelle à été déchiré de toute part faisant émerger les nœuds et les béances narcissiques des groupes et des individus. (retour du refoulé et bouleversements des pactes inconscients).

Avec la conception du moi peau d'Anzieu ont peu imaginer le centre Henry Piéron comme un corps enveloppant et contenant plusieurs autres enveloppe plus fine. Si l'on schématise: la faculté enveloppe le service administratif qui contient le centre de recherche constitué par des enseignants qui enveloppe les étudiants.

Ainsi la grève touche à tous ces groupements et créer une profonde violence psychique. Celle ci entre d'ailleurs en écho avec le passé intrapsychique de chaque individu et avec ces expériences de groupe. Ainsi ont perçoit des différences interindividuelles dans le seuil de souffrance selon la qualité des groupes internes intériorisé et selon le degré d'individuation avec le groupe primaire.

L'effet

L'effet créer est une cristallisation de l'institution dans cet état de démembrements. L'angoisse produite est tel que la capacité de pensé semble atteinte. Ceci se perçoit dans les assemblés générales d'étudiants, dans la difficulté à se mettre à pensé ou à avancer dans le travail.

Cette angoisse à créer des mouvements il y a eu des regroupements d'étudiants (permettant d'une certaine façon de reconstruire une enveloppe assez contenante pour tenir le psychisme individuel.

Ces regroupements ce sont aussi perçu en assemblé générale régulière. Les gens se sentant pour certain une faute s'il n'était pas présent. Comme s'il ne participait à la nouvelle vie institutionnelle.

L'angoisse à évoluer avec le temps atteignant son paroxysme avec une tentative de reprise du contrôle et de la maitrise de la part des étudiants. Ceci c'est perçu par la création d'un « vote démocratique » ou chaque détail à été pensé, analyse mesuré et exprimé en AG. Étudiant. Une heure à été nécessaire au porte parole afin d'expliquer, chaque détail du vote. Vote montrant que la majorité des étudiants du centre Henri Piéron souhaite la levé du blocage.

Les AG montrent aussi cette entrave de la pensé de part: des questions qui se répéte comme un ronron pour être rassuré; des incompréhensions sur des faits évidents. Le regroupements en AG est d'ailleurs pour beaucoup insupportable avec des ambiances: lourdes, tendues, agressives et destructrices. Face à l'angoisse des uns répond défensivement l'agressivité des autres.

Fantasmatiquement

Le sentiment des étudiants semble montrer une chute. Comme si la bonne mère avait fait tomber ces enfants. Du fait de ce déchirement de l'enveloppe institutionnelle. Les abandonnaient sans lui donner le lait nécessaire à nécessaire à ces besoins. Dans la vie du bébé le lait est vitale et se porter soutient la personnalité naissante de l'enfant. De même le trauma institutionnel fait violence aux étudiants comme si leur colonne vertébrale identitaire était arraché.

Selon le degré d'individuation des individus face à leurs groupes primaires le seuil d'angoisse va de sentiments de tristesse à des sentiments de perte identitaire plus important.

Les étudiants semble pris dans un conflit intrapsychique entre le désir de répondre à leurs besoins personnelles de contenance et de nourrissage immédiat et la volonté de suivre la volonté des enseignants chercheurs dans leurs mouvements.

Aprés deux mois de mouvements l'angoisse des étudiants à été mise à jour par une partie des étudiants comme un porte voix de l'angoisse groupale. La tension entre pour le blocage et contre le blocage semble montré l'intensité du conflit intrapsychique groupale.

Le groupe des enseignants chercheurs doivent être pris dans des sentiments de souffrance institutionnelle similaire car ils font eux même partie d'une enveloppe percé; pris dans des conflits intrapsychiques entre le désir de faire leurs travail et de répondre à la souffrance des étudiants et la volonté de militer afin de conserver à l'avenir la contenance de l'enveloppe qu'il avait.



Publié le 26/10/2009 Par Cindy
 

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